" Est ce qu'elles connaissent la volupté, elles? ou le rut bâclé d'un mâle grossier qui désire juste se soulager puis retombe, satisfait sur le côté? Est ce qu'elles supplient, réclament, attendent, palpitent? Ou se laissent chevaucher, indifférentes , les paupières plombées de fatigue? Est ce qu'elles ont déjà franchi la frontière dont on ne revient jamais? La frontière qui rend les autres amants fades et ignorants ? " Eh bien oui, moi je connais .. et tout le reste est fade en effet..
"passer la frontière demande qu'on dépose les armes , qu'on s'offre sans bouclier à l'autre qui prend tout ....
Mon corps est un bon compagnon de route, On en a fait des bétises et des exploits ensemble. Toujours on s'arréte quand le sol se dérobe sous nos pieds . Parce que l'on a de l'estime l'un pour l'autre et qu'il ne m'entrainerait pas vers un précipice qui m'avalerait toute entière. Sauf quand il s'agit de franchir la frontière. Là , je ne le tiens plus. C'est comme s'il avait une mémoire que je ne possède pas , une mémoire secrète , un rendez vous à honorer coûte que coûte . Il se transforme en cavale noire. J'ai beau tirer sur les rênes, lui scier la bouche, me mettre debout sur les étriers et lui ordonner de faire volte face, il s'emballe, piaffe, se cabre , multiplie ruades, croupades et cabrioles, et fonce ,tête baissée ignorant le clairon qui sonne dans ma tête .
Alors je lâche les rênes et mon corps soupire . Pas calmé pour autant, mais reconnaissant, le temps d'un brave répit, que je le laisse cavaler librement ."
oui, Miss Pancol , vous aussi vous connaissez cela pour savoir si bien le décrire cet autre monde vers lequel peu réussissent à aller mais que l'on n'oublie jamais et qu'on ne cesse de rechercher sans fin . Merci à ces quelques qui m'y ont amenée.
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